La chasse à la palombe au filet reconnue au patrimoine de l’UNESCO

25 Avr 2026 | Evènement

 Réunis le week-end dernier à Biganos pour leur assemblée générale, les chasseurs de Gironde ont affiché une ligne claire : défendre coûte que coûte la chasse traditionnelle de la palombe au filet en faisant inscrire cette pratique au patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO. Dans le Sud-Ouest, la chasse à la palombe au filet est une pratique profondément enracinée dans les territoires. En Gironde, on compte 1 200 installations équipées de filets.
En février 2025, la Commission européenne a saisi la Cour de justice de l’Union européenne, estimant que l’utilisation de filets constitue une méthode de capture « massive ou non sélective », interdite par la directive Oiseaux. Les chasseurs rappellent une réalité bien différente de celle avancée à Bruxelles. Les palombières utilisent des dispositifs précis, calibrés pour capturer uniquement les palombes. Les mailles des filets sont adaptées à l’espèce visée. Les prélèvements restent marginaux, d’autant que l’espèce est considérée comme abondante et en progression.
Pour les chasseurs girondins, l’enjeu ne se limite pas à la seule pratique cynégétique. La palombe au filet participe à une économie locale, à une organisation sociale et à une identité régionale forte. Une inscription au patrimoine immatériel de l’UNESCO viserait à lui offrir une protection supplémentaire. Dans les cinq départements du Sud-Ouest où elle se pratique (Gironde, Landes, Gers, Lot-et-Garonne et Pyrénées-Atlantiques), la chasse de la palombe au filet incarne un rapport au territoire, une culture et une transmission. L’initiative girondine marque en tout cas un tournant. Face aux menaces d’interdiction, le combat se déplace désormais aussi sur le terrain culturel.