Gestion des populations
Espèce : Lièvre d’Europe
Selon documents UNCPG
La baisse des effectifs du lièvre devient préoccupante dans certaines régions. Les dernières études révèlent que depuis les années 60 le nombre de lièvres présent au tableau de chasse s’est considérablement amenuisé malgré une relative stabilité des chasseurs de plaine. Le lièvre, comme la majorité du petit gibier souffre d’une détérioration de son habitat. En cause, les pratiques agricoles qui ont créé de grandes parcelles monoculturales. Les pertes dues au machinisme agricole, aux collisions routières, à la prédation et aux maladies ont provoqué la chute de ses effectifs. Ce dernier est encore bien présent sur certains territoires et il ne dépend que des chasseurs de tout faire pour redresser ses populations.
Rôle des chasseurs dans la gestion du lièvre :
Le rôle des chasseurs dans la préservation du lièvre est primordial car lui seul peut influer sur les populations. En collaboration avec d’autres acteurs du territoire, il peut faire revenir le lièvre en grand nombre en travaillant sur trois axes essentiels :
• Amélioration de l’habitat, par le biais de couverts nourriciers, de prairies, de buissons, de haies, voir la fiche AMENAGEMENT
• Gestion des prélèvements, en réalisant des comptages et en établissant des quotas de prélèvements à partir de ceux-ci ;
• Réduction de l’impact des prédateurs (renards, corneilles, etc…) en diminuant leur pression sur cette espèce.
Gestion des prélèvements : Si l’on veut garantir la conservation et la pérennité des populations de lièvre sur un territoire, il est nécessaire de contrôler les prélèvements. Pour avoir un aperçu pertinent de l’évolution des populations de lièvre, il est important de gérer l’espèce à l’échelle la plus grande possible (2 000 ha minimum). L’évolution de la population de lièvres est à analyser avec les territoires de chasse voisins.
Trois activités sont à réaliser pour suivre l’évolution de la population de lièvre :
• Evaluer la densité en lièvres par des battues à blanc sous forme de battues classiques consistant à débusquer la faune de secteurs appelés « traques ». Cela demande beaucoup de moyens humains et la battue doit s’effectuer chaque année dans les mêmes parcelles pour pouvoir estimer l’évolution des effectifs. A partir de cette densité, il est possible de créer des quotas de prélèvements.
Densité de la population Quotas de prélèvement en pourcentage de la population au printemps
< 5 lièvres / 100 ha 0 %
Entre 5 et 25 lièvres /100 ha 10 %
Entre 25 et 50 lièvres /100 ha 15 %
> 50 lièvres / 100 ha 25 %
• Effectuer des comptages nocturnes (IKA : Indice Kilométrique d‘Abondance)) : Avant l’ouverture de la chasse en automne, il faut faire des comptages au phare la nuit afin d’estimer les populations. Le parcours est à réaliser au minimum une heure après le coucher du soleil au moment où les lièvres sont en pleine activité. On obtient un nombre de lièvres au kilomètre retenu comme indice d’abondance pour le territoire afin d’adapter les prélèvements. Il faut répéter les comptages et travailler sur une grande surface car les résultats des comptages nocturnes reflètent une situation ponctuelle dans le temps. L’indice obtenu permet d’évaluer l’évolution de la population sans toutefois fournir une densité de population.
Le rôle des réserves non-chassées
Perturbé fortement par les calendriers agricoles le lièvre a besoin de quiétude. Ces réserves doivent totaliser 100 à 300 ha par tranches de 1 000 ha et doivent se situer dans les meilleurs secteurs pour le lièvre. L’idéal est de placer un quart du territoire sous le statut de réserve. Il est important de garder la réserve au moins 5ans
• Estimer le succès reproducteur par l’analyse des cristallins car le taux de survie des jeunes lièvres est très aléatoire. Selon le pourcentage de jeunes présents dans le tableau de chasse l’année précédente, les prélèvements pourront être adaptés afin de donner une possibilité à la population de se redresser. Il existe une autre méthode permettant le suivi de la qualité de la reproduction par palpation de la patte avant du lièvre. En effet les jeunes lièvres présentent une ex croissance proche de l’extrémité du cubitus en face externe. Cette méthode permet d’avoir une information fiable à 70% mais a montré ses limites.
Les maladies impactent sur les populations de lièvres
Les lièvres sont très sensibles à diverses maladies qui peuvent contribuer à une chute démographique importante et qui apparaissent dans des populations très denses et lors des saisons plus humides. Face aux maladies on ne peut rien faire tout au plus avoir des méthodes préventives en incinérant les cadavres trouvés et en limitant les populations en arrêtant la régulation des prédateurs ou en augmentant les prélèvements.
Réduction de l’impact des prédateurs : La prédation est responsable de 80 % de la mortalité des levrauts. La diminution des habitats indispensables aux levrauts a engendré un risque accru de prédation. La proportion de couvert disponible par rapport à la surface agricole est déterminante. Toutefois les prédateurs peuvent aussi se concentrer sur ces zones de refuge c’est pourquoi le piégeage s’avère indispensable et complémentaire aux aménagements.
Les prédateurs les plus importants sont le renard roux et la corneille noire, particulièrement impliqués dans la mortalité des levrauts. Dans une moindre mesure d’autres prédateurs comme les chats et les rapaces peuvent avoir un impact.
Pour développer les populations de lièvres, il est pertinent de contribuer à réduire la pression des deux prédateurs principaux (renard et corneille). La régulation des prédateurs doit se faire chaque année aux moments les plus sensibles pour les proies. Les hases mettent bas de février à septembre et les corneilles couvent à partir de mi-avril, il est donc important de réguler efficacement les prédateurs dès la sortie de l’hiver (de janvier à mars pour le renard et de mars à avril pour la corneille). Les populations de renards seront suivis jusqu’en août.
Il existe deux manières de réguler les prédateurs : le piégeage et le tir. Chaque méthode à ses avantages et ses inconvénients.
Le piégeage doit être fait selon la réglementation et par un piégeur agréé. Il existe différents modes de piégeage mais il est essentiel de placer les pièges aux bons endroits selon les habitudes connues du prédateur.
Le tir : La corneille est un oiseau très intelligent et il est conseillé de suivre une formation dispensée par les Fédérations départementales de chasse. Le tir du renard se fait généralement à l’affût à partir d’échelles ou de miradors. La meilleur période est une heure avant et après le lever/coucher du soleil.
Les lâchers de lièvres : Au siècle dernier, l’idée que la dépopulation se combattait par la repopulation a fait des ravages. Affaiblis par le stress, dû à leur brutale immersion en milieu inconnu ces lièvres n’ont pas été étrangers à la propagation des maladies. L’UNCPG peut affirmer que pratiquement tous les lâchers se sont avérés être des échecs d’où la prise de décision de l’interdiction des lâchers dans certains départements.
