Aménagement du territoire
Espèce : Lièvre d’Europe
Selon documents UNCPG
Descriptif physique : Le lièvre d’Europe a un pelage dorsal qui varie du brun foncé au brun roux, les flancs sont plus clairs et le ventre est blanc crème. Il a de longues oreilles se finissant par une extrémité noire. Sa queue est noire sur le dessus et blanche en dessous. Ses yeux sont foncés et ses pattes postérieures sont très développées.Taille : 42 à 68 cm et 6 à 13 cm de queue Poids : 2,5 à 6,4 kg
Répartition : Le lièvre d’Europe, ou lièvre brun est une espèce largement répandue en Europe et fait partie des espèces emblématiques du paysage agricole français. Originaire des milieux steppiques, il s’est adapté aux biotopes ouverts issus des activités humaines. Le lièvre aime particulièrement les cultures diversifiées avec des parcelles de petite superficie. Il est adapté aux climats tempérés. Le lièvre se concentre sur des secteurs privilégiés. Les densités peuvent fortement variées selon les années et les territoires : 1 à 10 au km² voire 100 au km². Son domaine vital est de l’ordre de 50 à 300 hectares.
Régime alimentaire : Le lièvre est essentiellement herbivore et consomme principalement des graminées. Il mange aussi d’autres plantes herbacées, des bourgeons, des branches et des racines.
Rythme de vie : Le lièvre est à la fois nocturne et diurne mais est surtout actif au crépuscule et à l‘aube. Solitaire durant la journée, il se cache dans son gîte, simple dépression au sol. Par an les femelles ont 2 à 3 portées de 2 à 3 levrauts qui sont sevrés dès l’âge d’un mois. La durée de vie maximale est de 13 ans mais l’espérance de vie est de 3 ans. Chez le lièvre, la période de gestation est très courte et dure seulement 41 jours. La hase présente une capacité à la superfétation. Ainsi elle porte simultanément des fœtus prêts à naître et une deuxième portée d’embryons. Le rythme de reproduction s’en trouve grandement accéléré. Une femelle peut élever jusqu’à quatre ou cinq portées par an.
Régression : Les principales causes de régression sont l’agriculture moderne et le machinisme agricole, les collisions sur les routes, les maladies (yersiniose, coccidiose, etc…), les prédateurs (renards, corneilles, certains rapaces, etc…). Un autre facteur important est le faible pourcentage de survie des levrauts (entre 10 et 50% à l’ouverture de la chasse). En effet une étude récente a révélé que les levrauts font l’objet d’une mortalité importante entre la naissance et le sevrage. Il est donc primordial de concentrer les efforts de gestion sur l’amélioration du taux de survie des levrauts.
Aménagement de l’habitat
Composition du Territoire
Une bonne relation avec les agriculteurs permet d’adapter les pratiques culturales pour favoriser le lièvre. Le lièvre vagabonde beaucoup et en dessous d’une très grande surface (1 000 ha) il faut être attentif aux aménagements des voisins pour avoir une gestion cohérente de l’espace agricole.
Modifier la forme et la taille des parcelles permet d’augmenter « l’effet lisière » ou « effet de bordure » agrandissant les zones refuges pour le lièvre. Plus les parcelles sont petites plus on augment l’attractivité du territoire pour le lièvre qui préfère les espaces ouverts diversifiés et riches en zones refuges. Plus les parcelles sont petites plus l’assolement est diversifié ce qui induit des aliments diversifiés et des récoltes différées dans le temps.

Les Haies et les Ilots arbustifs


Au bord d’une parcelle, la haie offre une zone de quiétude au lièvre. La haie doit être composée d’espèces différentes afin d’éviter la propagation des maladies et pour diversifier les couverts et les sources de nourriture pour le lièvre. Principales espèces : aubépine, églantier, houx, pommier sauvage, sureau, cornouiller, groseiller, framboisier, etc… Mais les haies ont des aspects législatifs contraignants, elles peuvent être remplacées par des îlots arbustifs. ces îlots ou buissons composé d’une quinzaine de plants (aubépine, troène commun, etc…) disposés de manière discontinue peuvent remplir le même rôle écologique qu’une haie sans les inconvénients législatifs. Ils peuvent être implantés dans les endroits qui ne gênent pas l’agriculteur : entre deux parcelles, dans les coins des parcelles, en bordure de chemin, au pied d’un pylone, etc…
Les Bandes et Parcelles aménagées

Afin de développer le maillage écologique d’un espace agricole, il est possible de constituer une bande ou une parcelle aménagée pour la petite faune et donc le lièvre. Il existe plusieurs manières pour implanter ces aménagements (MAEC, couverts inter-culturels, etc…).Les avantages des bandes et parcelles aménagées pour le lièvre sont multiples :
Les mesures agroenvironnementales et climatiques (MAEC) sont un outil de financement public mis en œuvre dans le cadre de la Politique agricole commune (PAC). Elles accompagnent les agriculteurs et agricultrices qui le souhaitent dans l’adoption ou le maintien de pratiques favorables à l’environnement. Les exploitants engagés dans une ou plusieurs MAEC sont rémunérés dès lors qu’ils respectent un cahier des charges précis pendant toute la durée de leur engagement, fixée à cinq ans en Hexagone.
• Le lièvre apprécie ces bandes composées de céréales ou d’autres sources alimentaires qui lui permettent une diversification de son régime. Ces bandes sont aménagées dans un objectif de couvert nourricier et composées de tournesol, de céréale, de chou, de phacélie et de radis chinois.
• Un calendrier des pratiques agricoles adapté au comportement du lièvre : peu de passages de machines, fauche tardive, etc…garantit moins de mortalité due au machinisme
• La bande et la parcelle constitue une zone refuge minimisant la pression des prédateurs
• La bande et la parcelle permettent un habitat favorable à la mise-bas utile à la reproduction
• Enfin ces bandes et parcelles sont complémentaires aux haies et ilots arbustifs
Afin de faciliter le travail de l’agriculteur, les bandes et parcelles aménagées sont idéalement placées dans les pointes ou en bordure de parcelle agricole. De même installées en rupture de pente, elles limitent les coulées. Les aménagements qui longent un chemin ou une haie renforcent l’effet lisière.
Les Couverts hivernaux
En hiver, la plaine offre peu de zones attractives au lièvre or il est important que celui-ci trouve des sources de nourriture diversifiées tout au long de l’année ainsi que des zones refuges pour se protéger des prédateurs. En accord avec l’agriculteur, il est judicieux d’installer des couverts hivernaux notamment dans des parcelles MAEC. Des couverts permettant d’offrir des zones refuges et d’alimentation aux lièvres seront privilégiés. En même temps il est souhaitable que l’agriculteur sème son couvert le plus tôt possible et le détruise le plus tard possible.

Les Céréales laissés sur pied
Une des variantes de la MAC concerne les « céréales laissées sur pied ». Le principe de base est de laisser 10% d’une culture de céréales jusqu’à fin février. Cette portion de culture non récoltée permet au lièvre, particulièrement friand de céréales, de se nourrir pendant l’hiver lorsque la plaine est pauvre en ressources alimentaires

Les Prairies et les Bandes enherbées
Le lièvre apprécie particulièrement ces milieux peu perturbés par les pratiques agricoles, riches en diversité floristique qui lui offrent refuge, nourriture variée et site de reproduction. Parce qu’elles peuvent bénéficier d’aides, on distingue :
• Les tournières enherbées simples à implanter et bénéficiant des mêmes avantages que les bandes enherbées. Elles sont plus faciles à semer et à entretenir que les bandes aménagées
• Les prairies naturelles, milieux de référence du lièvre à condition de de veiller aux dégâts dus à la fenaison en reportant la fauche au plus tard dans l’année et en ayant de bonnes pratiques agricoles.
• Les prairies à haute valeur biologique mais qui nécessitent l’avis d’un expert.

Conclusion
Il est important d’entretenir de bonnes relations avec les acteurs du monde rural. S’entendre avec les agriculteurs est essentiel pour pouvoir agir sur le territoire. Il est préférable d’adapter le calendrier cultural et la manière de faucher pendant la période à risque d’avril à juillet.
Quelques recettes efficaces pour faucher :
• Réduire la vitesse de travail entre 5 et 10 km/h
• Eviter le travail de nuit
• Eviter de travailler avec plusieurs machines en même temps
• Adapter la hauteur de travail (> 15 cm)
• Adapter le circuit de fauche et de moisson afin de ne pas créer d’ilot central
• Enfin l’effarouchement de la parcelle avant la fauche est idéal afin d’éviter la présence d’animaux. A noter que l’utilisation de drones est de plus en plus pratiquée.
